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Les berbères : Origines et art de vivre |
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De la conquête arabe (VIIé siècle) à l’Empire Almohades (XIIé siècle) |
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Dans leur conquête de l’Afrique du Nord, les Arabes qui triomphèrent des Byzantins, eurent à s’opposer au roi berbère Koçeila (683-686) et à la reine de l’Aurés, el-Kahéna (695-700). Malgré cette résistance, les berbères durent s’incliner et se convertir à la religion de leurs conquérants : l’islam. Ils y trouvèrent matière à une tout autre résistance. Par le biais du khridjisme, ils entrèrent rapidement en révolte contre les Orientaux. Le mouvement commença vers 740 à l’Ouest puis s’étendit à tout le Maghreb. Son ampleur fut telle que les troupes arabes mirent de plus de vingt ans à récupérer la seule Ifriqiya. |
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Art |
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L’art berbère s’exprime essentiellement dans l’ornementation d’objet usuel (poteries, meubles, tissus, bijoux, tapis, etc.) et dans l’architecture. Il se caractérise souvent par des décors géométriques linéaires variés. La poterie modelée peinte illustre le mieux la prédilection des berbères pour ce type de décor dont les origines remonteraient à l’époque protohistorique. Dans toute la Berberie – à l’exception du Sahara et l’extrême Ouest marocain, les femmes ornent des vases et plats de motifs géométriques peints en brun ou en noir, soit sur un enduit terreux blanc (petite Kabylie, Algérie orientale, Tunisie du Nord-Ouest) ou rouge (Grande Kabylie), soit directement à même la pâte lissée (Tunisie du Sud et Nemencha). Les procédés varient d’une région à l’autre, mais les motifs restent à peu prés identiques : losanges, triangles, damiers, chevrons, lignes brisées pectinées ou ciliées. A ces motifs communs à la poterie, au tissage et même aux tatouages s’ajoutent ceux, plus élaborés et presque aussi anciens, des décors sculptés en champlevé dans le bois des coffres à vêtements, des portes, des faîtages et des grands piquets des tentes. La croix boulée et l’hexagramme qui ornent les beaux meubles kabyles reproduisent des motifs berbères déjà utilisés à l’époque chrétienne. Le géométrisme l’emporte aussi dans l’orfèvrerie touarégue, où les parures aux formes triangulaires ou losangées présentent des contours saillants. L’esthétisme berbère ne s’arrête pas, toutefois, à la stricte expression d’un décor géométrique ; la bijouterie du Maghreb septentrional étonne par sa variété – colliers, chevilléres, fibules, broches, bracelets, boucles – et par la richesse de ses motifs animaliers et végétaux. |
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Organisation sociale et berbère |
| L’organisation sociale berbère est de type segmentaire et hiérarchisé. La famille constitue la plus petite unité sociale ; au-dessus se trouve le lignage, groupement de plusieurs foyers liés par une ascendance commune et établie en village, ou en douar pour les nomades. Viennent ensuite la fraction (ensemble de clans et de villages), puis la tribu (groupement de fractions), enfin la confédération (alliance occasionnelle de tribus). A l’intérieur de tous ces segments, les liens du sang réels au niveau des petites unités, fictifs dans les grandes – constituent le fondement de la cohésion sociale et entretiennent chez les membres du groupe un fort esprit de solidarité (corvées collectives, usage de greniers collectifs, etc.). La vie sociale est régie par un droit coutumier qui veille à la défense du groupe |
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Religion |
| En l’absence de documents écrits, il est difficile d’appréhender les idées religieuses des berbères de la haute Antiquité. Seules les découvertes de l’archéologie – position des corps, objets d’offrande, animaux de sacrifices – révèlent l’existence de rites funéraires à cette époque. Puis, par contact avec d’autres peuples et civilisation, vinrent s’ajouter aux cultes autochtones – parfois en s’y superposant – ceux de nombreuses divinités. De ces apports étrangers, le Phénicien fut le plus durable. Longtemps après la disparition de Carthage, des berbères continuèrent à adorer sous les noms de Saturne et de Junon Caelestis les divinités phéniciennes Baal Hammon et Tanit. |
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L’islam |
| La conversion des berbères à l’islam fut massive. Implantée d’abord dans les cités, la nouvelle religion gagna progressivement les campagnes, les plateaux et le Sahara méridional. En se convertissant à l’islam, les berbères ne renoncèrent pas à leur esprit d’indépendance. C’est sur le terrain même de la religion qu’ils exprimèrent leur opposition aux Orientaux. Des deux grands courants dissidents nés des discussions à propos de la succession du Prophète, le chiisme et le khridijsme c’est ce dernier qui eut auprès des berbères un grand retentissement Austère et d’Afrique, le kharidjisme rappelle dans l’histoire de l’islam maghrébin le donatisme berbère de l’époque chrétienne. Par opposition, les kharidjites berbères, après des révoltes sanglantes, formèrent des royaumes indépendants tels ceux de Tahert et de Sidjilmassa. |
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Langue |
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La langue berbère constitue aujourd’hui un ensemble de parlers locaux éparpillés sur un vaste territoire. En dehors de certaines zones à forte unité géographique – telles que les Kabylies en Algérie ou le pays chleuh au Maroc -, ces parlers ne permettent que rarement l’intercompréhension des différents peuples. L’Arabe – comme hier le latin ou le punique – permet la communication d’un groupe à l’autre. Cette situation linguistique n’est pas originelle ; malgré leur diversité, ces parlers berbères ont des structures syntaxiques communes. On suppose qu’une langue berbère homogène a existé avant d’éclater en 4 000 à 5 000 idiomes. L’histoire de la langue berbère reste cependant de reconstruction difficile. Le linguiste dispose de quelques fragments de textes en berbère, des ethniques, des toponymes et anthroponymies conservés par les sources arabes médiévales. C’est peu pour restituer l’évolution d’époque antique, est tenu pour une forme ancienne du berbère, sans que des preuves scientifiques aient été fournies. |
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Littérature |
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Dés le VIé siècle av.J-C., le berbère fit l’objet d’une écriture : le lybique. De très nombreuses inscriptions attestent l’utilisation par les berbères, dés l’antiquité, d’un alphabet consonantique proche de celui utilisé de nos jours chez les Touareg. L’écriture lybique devint usuelle surtout dans les zones sous forte influence punique – Tunisie septentrionale, Nord constantinois et Maroc du Nord, malgré une certaine évolution ; Cependant, elle ne put se généraliser et disparu à l’époque romaine. Les berbères utilisèrent assez tôt les langues étrangères. L’islamisation entraîna par la suite l’arabisation linguistique des berbères.
Toutefois, à l’époque islamique, il y eut encore une littérature berbère écrite ; peu fournie, et essentiellement de nature religieuse, elle consista en quelques textes et ouvrages transcrits en caractères arabes avec des signes additionnels. Le droit berbère – de tradition coutumière – fut consignée par écrit à des époques différentes. Ainsi des règlements de nature pénale furent rassemblés en recueils. Certains de ces documents, originaires du pays chleuh, dateraient du XIVé siècle apr.J-C., d’autres furent rédigés à des époques plus tardives. Le corpus des recueils de droit coutumier berbère s’est enrichi récemment de nouveaux documents marocains publiés dans leur langue originale.
Autrement importante fut et demeure la littérature orale berbère. De contes et des légendes fidèlement conservées par la mémoire féminine constituent une bonne partie de la tradition orale. La poésie est également riche et ne manque pas d’originalité. Les berbères eurent de grands poètes dont certains –tel le Kabyle Mohand (vers 1845 – 1906) ou la targuia Daçin- furent de véritables aèdes. D’autres, itinérants et professionnels, tels les amedyaz du Haut Atlas au Maroc ou les ameddahs de Kabylie, surent longtemps entretenir la mémoire collective berbère.
On désigne sous le nom de berbère les populations qui, sur un territoire s’étendant de la Méditerranée au sud du Niger et Nil aux rivages de l’Atlantique, parlent – ou ont parlé – des dialectes se rattachant à une langue mère : le berbère. D’origine discutée, ce mot, déjà utilisé par les Grecs et les romains, transmis par les Arabes, désignait pour ces derniers la population autochtone et non romanisée de l’Afrique du Nord. Consacrée par l’usage, cette appellation n’est pas celle que se donnent les intéressés. Les berbères s’identifient eux-mêmes par le nom de leur groupe (Touareg, Kabyle) et utilisent parfois le mot Imazighen, qui signifie «hommes libres », pour désigner l’ensemble des berbères. La politique d’arabisation menée par les gouvernements au lendemain de la décolonisation a suscité chez les berbères le besoin de reconnaissance d’une identité culturelle. Traditionnellement agriculteurs ou pasteurs-nomades, ils ont cependant été touchés par l’exode rural et leur implantation en zone urbaine ont très certainement accentué ce phénomène. |
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Répartition actuelle des berbères |
Le caractère le plus déterminant de la «bérbérité » reste la langue, et la répartition actuelle des berbères peut être esquissée en délimitant les aires géographiques de son usage. On parle berbère, sporadiquement, à l’intérieur d’un espace africain compris entre l’océan Atlantique, la Méditerranée et le tropique du Cancer. - Au Maroc, trois grandes zones de dialectes berbères couvrent les régions montagneuses de ce pays, au nord du Rif, le dialecte tarifit ; au centre, dans le Moyen Atlas ainsi que dans une partie du Haut Atlas, le dialecte tamazight ; au sud-ouest, dans le Haut Atlas, l’Anti-Atlas et le Sous, qui forment le pays chleuh, le tachelhit. |
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Organisation politique des berbères |
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Les berbères connurent plusieurs formes d’organisation politique. Le modèle le plus répandu et le plus caractéristique semble avoir été une sorte de petite république villageoise : une assemblée populaire, la djemaa, au sein de laquelle seuls les anciens et les chefs de famille prennent la parole. Ces unités politique – village ou cité – n’étaient pas toutefois le fondement du pouvoir ; celui-ci était accaparé par des entités plus importantes, tribus et confédérations. L’histoire politique des berbères est jalonnée par de grands regroupements qui – comme chez les Numides et les Maures dans l’Antiquité – débouchèrent parfois sur des embryons d’état. L’exemple le plus original et le mieux connu d’une organisation politique berbère de type confédéral est celui des Ait Atta, dans le sud-est du Maroc. Cinq segments, ou khoms, constituaient la confédération ; celle-ci avait à sa tête un chef suprême élu chaque année dans un segment différent par des électeurs des quatre autres segments. Chaque tribu conservait cependant son autonomie et élisait son propre chef. Ce système d’organisation segmentaire et quinaire, que les romains nommaient quinquegentiani, dut être dans l’Antiquité celui des berbères. |
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Le Haut Atlas |
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C’est la plus haute chaîne d’Afrique du Nord. Se dressant sur 750 km du sud-ouest au Nord-Est, elle forme dans le sud du Maroc une gigantesque barrière qui domine les dépressions du Sous et du Dadés au sud, et les plaines du Haouz et de la haute Moulouya au nord ; les cols élevés de Tizi’N’Test et de Tinzi N’tichka permettent de la franchir. Le Haut Atlas est séparé du Moyen Atlas par la Moulouya au nord et de l’Anti-Atlas (2 351 m dans le djebel Bani) par l’oued Sous au sud.
Zone refuge pour les population en majorité berbères, elle est relativement peuplée, surtout à l’ouest où les chleuhs s’assemblent dans de gros villages à l’habitat et aux structures sociales très traditionnels. Les paysans pratiquent une agriculture vivrière (céréales) sur les terrasses irriguées aménagées le long des pentes, ou dans les vallées. L’agriculture est associée à un élevage, complément nécessaire, avec transhumance hivernale dans les vallées, puis montée en été vers les pâturages d’altitude.
Des transformations s’opèrent sous l’influence de la ville de Marrakech, haut lieu touristique, avec une modification des techniques et une nouvelle organisation des circuits commerciaux. |
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Le Moyen Atlas |
| De vastes plateaux calcaires bordent au nord de la chaîne plissée qui domine au sud la Moulouya supérieure. Bien arrosée, forets et pâturages couvrant ses pentes, la chaîne du Moyen Atlas offre aux montagnards toutes les ressources de la vie pastorale. Les Beni M’Guild et les autres tribus berbères qui y vivent sont avant tout, des pasteurs transhumants, possédant deux finages entre lesquels s’organisent les déplacements saisonniers des familles et de leurs tentes, l'un en montagne (le djebel) occupé en été, l'autre dans les bas pays (l’azarhar) où l’on séjournait en hiver. Sous la pression démographique et du fait de la délimitation des forets, des pâturages collectifs, le semi-nomadisme diminue au profit de la sédentarité avec développement des cultures et accroissement des agglomérations (Azrou). |
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L’Atlas saharien |
| L’Atlas saharien est le prolongement du Haut Atlas (monts des ksours, 2 000 m, djebel Amour, monts des ouled Nail et Zab), qui rejoint plus à l’Est, dans le massif de l’Aurés (2 328 m au djebel Chelia), le double alignement tellien. L’Atlas saharien est donc le rebord méridional de l’Atlas au-dessus du socle saharien ; s’étendant sur 700 km des confins algéro-marocains au Ziban, il représente la limite climatique du Sahara au sud et des influences méditerranéennes au nord. La population y est mixte : des agriculteurs montagnards et sédentaires y cultivent les vergers dans les vallées du versant nord, tandis que les nomades du piémont saharien estivant sur les sommets où ils se fixent peu à peu. |
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